Yves Viollier "Raymonde"

"Oh Dieu, pourquoi donc en mourant ne nous as-tu pas mués en dieux ! Ma trajectoire quand je m'éfforce de toute mon âme de la maintenir en droit ligne, si je me retourne elle ressemble à ces sillages laissés par les avions, dont le trait un instant précis, peu à peu se dissout, devient flou. Et tout est à refaire, tout s'efface, tout se ternit. Seigneur, donne moi un bout de ton crayon à la pointe si bien taillée, et guide ma main, que je fasse le portrait de ta création, que ce que j'écris te ressemble" Yves Viollier "Raymonde"



"Il va sans dire que la vie n'étant pas une bibliothèque rose elle ne respecte guère ces intentions édifiantes" François Nourissier in "Musée de l'homme"
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lundi 24 mai 2010

Le titre du Nouveau Amélie Nothomb....



Selon les rumeurs insistantes sur le net... Je peux que confirmer que le titre du futur livre d'Amélie Nothomb sera :


UNE FORME DE VIE

Parution en Août 2010.... Le compte à rebours est  lancé... On pense déjà rentrée littéraire chez Albin Michel mais vu que souvent ce sont eux qui dégainent en premier... 

jeudi 13 août 2009

Joyeux anniversaire Amélie Nothomb !!!!



A ma "P'tite princesse", ma "P'tite gothique belge",




Tous les 13 août je pense à vous ! C'est la journée ou tout a commencé ! La métaphysique des tubes étaient en route... Avant de devenir Dieu puis l'adolescente et ensuite celle que l'on connait tous. Je réfléchis assez souvent comment on a fait pour vivre toutes ses rentrées littéraires sans vous ! Avant que l'hygiene de l'assassin nous arrive entre nos mains !




Depuis je suis une Nothomb addicted et je ne veux pas me soigner. Certes cette année, vous avez une petite concurrence avec ce trublion de Fredéric Beigbeder qui sort son livre en même temps que vous ! Plouf plouf ce sera toi que je lirai en premier.... Je rigole ! Je lirai votre livre en premier ! Mine de rien, vos livres sont indispensables ! Quand je vois la somme de livres qui causent que de drames, des catastrophes, on finirait par être suicidaires à force. Mais vous, votre humour, votre recul même sur les sujets les plus graves nous rend la vie plus légère. Tout comme le champagne !!!




Je vous souhaite -égoïstement- de très nombreuses années à nous faire voyager dans votre univers... Je vous embrasse ... Sabine "Gothique vendéenne"




J'en profite pour embrasser mon autre petite princesse Nathalie Rheims... Je ne l'oublie pas !!!



Je suppose que votre soeur doit être déjà aux fourneaux pour vous faire votre gâteau favori... Mais ce n'est pas la peine de sortir votre légendaire sabre scrogneugneu !!! mdr

dimanche 30 novembre 2008

JULIETTE NOTHOMB une jeune femme à croquer...





Une idée de cadeau de Noël !


Tout les lecteurs d'Amélie Nothomb savaient qu'elle avait une soeur qu'elle vénère. Mais ce que l'on ne savait pas c'est qu'elle est particulièrement douée pour la cuisine.
Amélie a toujours eu dans ses romans des clins d'oeil pour la cuisine, la nourriture, les vins (euh je dirais plutôt le champagne). Je me souviens de la fameuse recette des pieds de porc ou de l'apéritif de Prétextat que je n'énumère pas ici sous risque d'aller vomir... C'est grâce à ceci que j'ai adoré Amélie.

J'ai connu Juliette au Salon de Brive, une très belle femme. Douce loin du tempérament assez volcanique de sa soeurette. A moins qu'elle ne cache son jeu ! J'ai dévoré son livre (ché ben malin maintenant comment faire pour cuisiner un blasphème, les chicons à la béchamel (mon péché mignon !)... Non sérieux, ce livre de recettes est un bienfait. Juliette simplifie au maximum, donne ses astuces pour faciliter les choses (et voui on peut être débutantes et pas toujours des fortiches). Elle nous met à l'aise d'entrée. A force d'essais, on y arrivera ! Et le tout avec l'humour qu'elle manie aussi bien qu'Amélie.
De plus les illustrations, les dessins sont à mourir de rire. Les fameuses crevettes, ni frites ni soumises "mon corps m'appartient", les huîtres qui discutent entre elles du dernier Nothomb ! Rien pour cela le livre vaut le détour ! Au retour de Brive, mon mari était ahuri de me voir tellement rire à cause des dessins !
Je conseille ce livre pas seulement aux fanas d'Amélie mais à tous ceux qui ne se prennent pas au sérieux et qui sait feront les premiers pas dans la cuisine.

A Juliette, dans votre liste des choses à ne pas faire lorsqu'on fait cuire un gâteau au four vous auriez pu ajouter "NE PAS ÊTRE PLONGE DANS LA LECTURE D'UN ROMAN DE MA SOEUR" mdr

Un cadeau qui fera plaisir...

lundi 10 novembre 2008

AU HASARD DE MES RENCONTRES Part 7


















LES PRINCESSES NOTHOMB. Amélie et Juliette.

Oui je les ai rencontrées ! Elles sont merveilleuses . Amélie l'extravagante et Juliette la discrète. Amélie était attendue au tournant au vu des cadeaux, fleurs des fans qu'elle recevait. Pas star du tout, égale à elle même et je suis étonnée par sa capacité de mémorisation. Elle savait le nom de chaque fidèle, elle s'était même souvenue de notre correspondance.

Juliette est incroyable mais elle cache bien son jeu. J'ai dévoré son livre au retour de Brive et sous son apparence calme et posée il y a une sacrée dame à l'humour ravageur qu'elle n'a pas à envier à sa soeur. Les parents Nothomb n'ont pas du s'ennuyer avec de telles filles. Je ferai un article plus tard dans mon blog.

Cela fait plaisir à voir tant de complicité entre elles.
"Non je ne suis pas la malchanceuse, je suis peut être la gueuse mais tellement heureuse d'avoir rencontrée de telles princesses"
Sab plagiant Robert la Chanteuse...






jeudi 16 octobre 2008

AMELIE TOUJOURS LA PREMIERE !!!!

Une récompense pour Amélie, auteur de la Biographie de la Faim pile poil dans la semaine du goût. Y'en a qui ont le sens de l'humour.



Ma p'tite princesse (allez les belges encore un effort ! Le titre de Baronne pour Amélie Nothomb !!!) a reçu un prix. Le Grand Prix Jean Giono 2008 qui couronne "un auteur ayant défendu ou illustré la cause du roman". Il a été attribué par un vote à l'unanimité pour l'ensemble de son oeuvre.


Chouette ! Euh mais bémol quand même "l'ensemble de son oeuvre" mince alors, Amélie n'est pas si vieille quand même et mourir ne doit pas être dans ses projets les plus proches ! Il lui reste des années à vivre !

Un prix amplement mérité d'autant que pas mal de gens ont continué à lire grâce à elle. Chaque année, elle est attendue et ensuite elle ouvre le bal de la Rentrée Littéraire. Sans elle, certainement on serait passés à côté de la littérature japonnaise. Il suffit qu'elle dise un nom d'un jeune auteur et surtout tout le bien qu'elle pense pour que l'on pose notre regard sur lui et que l'on s'y interresse. Pas égocentrique pour un sou. Aimant l'autoflagellation (elle se prétend Gothique Belge) et n'a pas de cesse de rire d'elle même. Une vraie fantaisie cette fille !
N'oublions pas quand même les autres lauréats :
Jean Marie Blas de Robles (dont Yves Viollier a fait un vibrant hommage sur le mag La Vie) Là ou les tigres sont chez eux a reçu le prix du Jury Jean Giono
Annie Ernaux Les années a reçu, elle, le Prix de la langue française 2008 qui récompense une personnalité qui a contribué par son style ou son action "à illustrer la qualité et la beauté de la langue française"
Mes félicitations à eux aussi.

dimanche 24 août 2008

Mes livres de rentrée : Amélie NOTHOMB "le fait du prince"


Il me reste plus qu'à attendre 11 mois... pour le prochain écrit Nothombien... C'est ce que je me dis à chaque fois que je termine de lire le dernier.


"Le fait du prince" certainement surprendra ceux qui ont découvert la miss avec "Ni d'Eve, ni d'Adam" car pour une fois l'histoire n'est pas autobiographique. C'est un récit basé sur une vaste et incroyable imposture.


Baptiste Bordave voit son destin bouleversé par le décès d'un inconnu dans son appartement. Cet inconnu se trouve être un riche personnage, un suédois Olaf Sildur. Que faire du cadavre ? Baptiste a eu une idée soi disant de génie, se vêtir des affaires du mort et d'usurper son identité. Il croit à la belle vie, une belle villa, une magnifique femme. Mais le destin s'amuse autant que lui.


Tout comme Amélie a du s'amuser de l'écrire.


Mais en fait qui est l'imposteur dans l'histoire ? Pas le héros de l'histoire car c'est l'écrivain qui le crée de toutes pièces.


L'écrivain ?


Souvent, l'écrivain derrière son ordinateur, son stylo bic profite de cet espace de liberté que procure l'écrit pour s'inventer un autre monde, un univers à des milliers années lumières de la réalité. Mais cette imposture est vitale pour tout romancier mais j'appellerais ceci par l'imagination. Sans imagination pas de livres, pas de poésie...


Mais il y a une autre catégorie d'écrivain qui se cachent dans un personnage afin de mieux dénoncer les injustices, notre monde superficiel. "On ne détourne pas un avion sans monter dedans." comme le dit Frédéric Beigbeder dans "99 F" ou plutôt son personnage alter égo d'Octave Parango. Mais des gens comme Yasmina Khadra, Tahar Ben Jelloun sont passé maître en cet art. Mais hélas, on trouve des égarements comme le dernier exemple en date est "l'élégance du hérisson" de Barbery.


Sans oublier les plus grands imposteurs que sont les people qui ont plus de facilités ou relations et qui en profitent de publier des bouquins de fausse littérature qui encombrent les librairies et rayon livres des supermarchés.


Mais en fait si c'était nous les lecteurs les plus grands imposteurs dans cette histoire. Car on est bien contents de se mettre dans la peau du héro (ou de l'héroïne) de vivre des aventures à travers lui et surtout de voyager immobile dans les sentiments ou les paysages...


"Le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l'auteur" Amélie Nothomb
On observera en passage la magnifique photo d'Amélie Nothomb qui orne la couverture.


mardi 15 juillet 2008

Pendant ce temps la Sarko décore Dany Boon, grande décadence en francophonie...



Neuf nouveaux barons et baronnes



14/07/2008 15:39 Le Vif.be


La Belgique compte 9 nouveaux barons et baronnes. On relève aussi 5 nouveaux chevaliers, un nouveau comte tandis que 6 autres personnes se sont vues octroyées une distinction honorifique civile.

Ainsi, le titre de baron ou baronne revient à Roland D'Ieteren, Lutgart Van den Berghe, professeur extraordinaire à l'université de Gand, Jean-Pierre de Bandt, du cabinet d'avocats Linklaters De Bandt, Philippe Vlerick, élu "manager de l'année" en 2006, Arthur Bodson, professeur ordinaire émérite et recteur honoraire de l'université de Liège, Guy Burton, président du comité de direction d'Ethias, Jean-Claude Daoust, président honoraire de la FEB, Andreas De Leenheer, professeur ordinaire émérite et recteur honoraire de l'université de Gand et Francis Van Loon, professeur ordinaire et premier recteur de l'université d'Anvers unifiée. Déjà détenteur du titre de baron, l'ancien patron d'UCB Georges Jacobs de Hagen reçoit le titre de comte. Les 5 personnes reçoivent le titre de chevalier sont: Paul Dujardin, directeur général du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Guy Hufkens, Yves Noël, Marc Waelkens, de la KU Leuven et Livio Missir Mamachi di Lusignano, ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne.


Enfin, 6 personnes reçoivent une distinction honorifique civile. Il s'agit de l'écrivain Amélie Nothomb, qui devient Commandeur de l'Ordre de la Couronne, au même titre que le secrétaire du CPAS de Charleroi Jean-Marie Berger, Ingrid Luyten, présidente de "Special olympics Belgium" et Roland Van Dierdonck, de la Vlerick Leuven Gent management school. François Rigaux, professeur à l'UCL, devient Grand officier de l'Ordre de Léopold alors que Ferdinand Beuls, député permanent honoraire de la province de Limbourg, devient Commandeur de l'Ordre de Léopold. (NLE)


Réflexion de Sabine : Dire pendant ce temps la Sarkozy se démène à honorer des people, des pseudos stars qui n'ont rien fait comme Dany Boon ou Polnareff (celui ci a l'indélicatesse d'accepter la décoration et il ne vient pas en France pour qu'on le lui remette, il croit qu'il va la recevoir par chronopost sans doute)... Alors qu'il y a une kiriade d'écrivains qui mériteraient au nom de la défense de la langue Française un hommage particulier. Mais je me doute que la lecture n'est pas la tasse de thé de ce président plus apte au jogging en effet... Il a du mal comprendre le sens du prix Goncourt je crois..... Et surtout en pensant aux programmes Tv qui feront la part belle à l'inculture et la bêtise en supprimant les émissions littéraires, cela me désespère...


Heureusement qu'il y avait Ingrid Betancourt pour nous rendre un peu de fierté à cette France si souvent baffouée...


Mes félicitations à Amélie......




samedi 12 juillet 2008

LA COUVERTURE DU DERNIER AMELIE NOTHOMB

Je ne ferais qu'un seul cri
"VIVEMENT LE 20 AOÛT !!!!" MAGNIFIQUEUUUU....

mardi 1 juillet 2008

AMELIE NOTHOMB FOR EVER


Et voui pas de rentrée littéraire sans Amélie... Le mag Lire a la gentillesse de mettre en ligne un extrait de son prochain livre. LE FAIT DU PRINCE que je mets sur mon blog.... En attendant le 20 août....



«Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate.» Amélie Nothomb Le Fait du prince est le dix-septième roman d'Amélie Nothomb. Dernier en date: Ni d'Ève ni d'Adam, prix de Flore en 2007.


Si un invité meurt inopinément chez vous, ne prévenez surtout pas la police. Appelez un taxi et dites-lui de vous conduire à l'hôpital avec cet ami qui a un malaise. Le décès sera constaté en arrivant aux urgences et vous pourrez assurer, témoin à l'appui, que l'individu a trépassé en chemin. Moyennant quoi, on vous fichera la paix.

- Pour ma part, je n'aurais pas songé à appeler la police, mais un médecin.

- Cela revient au même. Ces gens-là sont de mèche. Si quelqu'un à qui vous ne tenez pas a une crise cardiaque à votre domicile, vous êtes le premier suspect.

- Suspect de quoi, si c'est une crise cardiaque?

- Aussi longtemps qu'on n'a pas prouvé que c'était une crise cardiaque, votre appartement est considéré comme une scène de crime. Vous ne pouvez plus toucher à rien. Les autorités envahissent votre domicile, c'est à peine si elles n'inscrivent pas l'emplacement des corps avec de la craie. Vous n'êtes plus chez vous. On vous pose mille questions, mille fois les mêmes.

- Où est le problème si l'on est innocent?

- Vous n'êtes pas innocent. Quelqu'un est mort chez vous.

- Il faut bien mourir quelque part.- Chez vous, pas au cinéma, pas à la banque, pas dans son lit. Ce quidam a attendu d'être chez vous pour passer l'arme à gauche. Le hasard n'existe pas. S'il est mort à votre domicile, vous y êtes forcément pour quelque chose.

- Mais non. Cette personne peut avoir éprouvé une émotion violente à laquelle vous êtes étranger.

- Elle a eu le mauvais goût de l'éprouver dans votre appartement. Allez expliquer cela à la police. À supposer que les autorités finissent par vous croire, pendant ce temps le cadavre est chez vous, on n'y touche pas. S'il est mort sur votre canapé, vous ne pouvez plus vous y asseoir. S'il a trépassé à votre table, habituez-vous à partager les repas avec lui. Il va vous falloir cohabiter avec un macchabée. C'est pourquoi, je vous le répète: appelez un taxi. N'avez-vous pas remarqué, dans les journaux, la formule consacrée: l'individu est mort pendant qu'on le conduisait à l'hôpital. Avouez que c'est drôle, cette propension qu'ont les gens à mourir au cours d'un trajet, dans des véhicules anonymes. Oui, car vous aurez compris que ce ne doit pas être votre voiture.- Ne poussez-vous pas la paranoïa un peu loin?

- Depuis Kafka, c'est prouvé: si vous n'êtes pas paranoïaque, vous êtes le coupable.- À ce compte-là, mieux vaut ne jamais recevoir.

- Je suis content de vous l'entendre dire. Oui, mieux vaut ne jamais recevoir.- Monsieur, que sommes-nous en train de faire?

- Nous sommes reçus, nous ne recevons pas. Nous sommes des petits malins. Faut-il que nos hôtes nous apprécient pour prendre ainsi le risque que nous venions mourir chez eux?

- Vous me paraissez en bonne santé.

- On croit cela. Vous savez ce que c'est. Il est plus tard que nous ne le pensons. Il nous reste peut-être si peu à vivre. Ce temps, nous ne devrions pas le consacrer à des mondanités.

- En ce cas, pourquoi êtes-vous ici?- Pour une raison que j'imagine identique à la vôtre: parce qu'il est difficile de refuser. Cette question est moins mystérieuse que celle-ci: pourquoi nos hôtes nous ont-ils invités?

- Parlez pour vous.

- Je ne parle pas plus de votre qualité que de celle des autres personnes qui nous entourent. C'est d'autant plus bizarre que tous ces gens ici présents, intelligents et qui éprouvent visiblement une certaine sympathie, voire de l'amitié les uns pour les autres, n'ont absolument rien à se dire. Écoutez-les. C'est inévitable: passé l'âge de vingt-cinq ans, toute rencontre humaine est une répétition. Untel vous parle et vous pensez: «Tiens, c'est le cas 226 bis.» Quel ennui. Comme je connais déjà tout ça. Je suis là ce soir uniquement parce que je n'ai pas envie de me brouiller avec nos hôtes. Ce sont mes amis, bien que leur conversation ne m'intéresse pas.- Et vous ne leur rendez jamais la politesse?

- Jamais. Je ne comprends pas pourquoi ils continuent à m'inviter.

- Peut-être parce que vous êtes votre meilleur contre-exemple: ce que vous venez de me raconter au sujet du décès, je ne l'avais jamais entendu.

Étonné d'avoir passé une si bonne soirée, je rentrai chez moi. On n'est jamais déçu quand on parle de la mort. Je dormis d'un sommeil de survivant.
Vers neuf heures du matin, comme je prenais une deuxième tasse de café, on sonna. À l'interphone, j'entendis la voix d'un inconnu:

- Ma voiture est en panne. Pourrais-je utiliser votre téléphone?

Décontenancé, j'ouvris ma porte et vis entrer un homme d'âge moyen.

- Pardonnez cette intrusion. Je n'ai pas de portable et la cabine téléphonique la plus proche est en panne. Il va de soi que je vous paierai cette communication.

- Ce n'est pas nécessaire, dis-je en lui tendant l'appareil.
Il saisit le combiné et composa un numéro. Tandis qu'il attendait, il s'effondra.

Stupéfait, je me jetai près de lui. J'entendis une voix lointaine dire «allô?» dans le téléphone que j'eus le réflexe de raccrocher. Je secouai l'homme.- Monsieur! Monsieur!
Je le retournai sur le dos. Il avait la bouche entrouverte et l'air ahuri. Je lui tapotai les joues. Aucune réaction. J'allai chercher un verre d'eau, j'essayai de le faire boire, en vain. Je répandis le reste du liquide sur son visage. Il ne réagit pas davantage.
Je tâtai le pouls de l'individu et j'eus la confirmation de ce que je savais. À quoi sait-on que quelqu'un est mort? Je ne suis pas médecin, mais chaque fois que je me suis trouvé en présence d'un mort, j'ai éprouvé une gêne très profonde, le sentiment d'une impudeur insupportable. Toujours cette envie de dire: «Voyons, monsieur, quelle tenue! Reprenez-vous! Si tout le monde se laissait aller comme vous!» Quand on connaît le défunt, c'est encore pire: «Ça ne te ressemble pas de te conduire ainsi.» Je n'évoque même pas le cas, troublant jusqu'à l'obscène, où l'on aimait le cher disparu.
En l'occurrence, mon mort n'était ni cher ni encore moins disparu. Il avait choisi ce moment singulier de sa vie pour apparaître dans la mienne.


samedi 29 décembre 2007

AMELIE NOTHOMB DANS SES PROPRES MOTS


Si un écrivain parvient à être passionnant à [propos de son roman], alors il n'y a que deux possibilités : soit il répète tout haut ce qu'il a écrit dans son livre, et c'est un perroquet ; soit il explique des choses intéressantes dont il n'a pas parlé dans son livre, auquel cas ledit livre est raté puisqu'il ne suffit pas.
(Hygiène de l'assassin, p.17, Albin Michel 1992)



Je n'injurie jamais, monsieur, je diagnostique.
Hygiène de l'assassin, p.51, Albin Michel 1992)



Aussi longtemps qu'il existerait des fenêtres, le moindre être humain de la terre aurait sa part de liberté.
(Stupeur et tremblements, p.186, Livre de Poche n°15071)



Puisqu'il y a l'analphabétisme, il devrait y avoir l'anarythmétisme [...]
(Stupeur et tremblements, p.89, Livre de Poche n°15071)



On ne dira jamais assez combien je me suis dévouée pour la littérature française


J'ai toujours eu le lyrisme mégalomane.


L'amour est un élan si français que d'aucuns y ont vu une invention nationale


« Il n’est pas banal que j’écrive une histoire où personne n’a envie de massacrer personne »Ni d'Eve ni d'Adam

mercredi 7 novembre 2007

PRIX DE FLORE 2007 Amélie NOTHOMB




CULTURE




Le prix de Flore 2007 à Amélie Nothomb pour "Ni d'Eve ni d'Adam"
Le prix de Flore 2007, du nom du célèbre café de Saint-Germain-des-Prés, a été attribué mercredi à Amélie Nothomb pour son roman "Ni d'Eve ni d'Adam" (Albin Michel), a annoncé le jury.



Amélie Nothomb, qui était présente sur la première sélection mais pas la seconde, l'a emporté au 4e tour par 5 voix contre 4 à Boris Bergmann pour "Viens là que je te tue ma belle" (Scali) et 3 à Emmanuel Carrère pour "Un Roman russe" (POL).
Dans son 16e roman en 16 ans, Amélie Nothomb renoue avec la veine nippone de "Stupeur et tremblements" (1999), son mégasuccès vendu à près de deux millions d'exemplaires toutes éditions confondues.
Dans "Ni d'Eve ni d'Adam", elle raconte sa liaison à 20 ans avec Rinri, jeune Japonais de bonne famille, un peu glandeur, un peu samouraï, à qui elle tente d'enseigner le français. L'analyse des moeurs du pays, de sa mémoire ou de son système scolaire, est toujours pertinente, souvent drôle, parfois hilarante.

Créé en 1994 dans l'esprit de se démarquer des autres prix littéraires, le prix de Flore, doté de 6.100 euros, avait été attribué en 2006 à Christine Angot pour "Rendez-vous".
Le jury, composé notamment de Frédéric Beigbeder, François Reynaert ou Michèle Fitoussi, a eu du mal à se départager.L'éditeur de Boris Bergmann, Bertil Scali, s'est déclaré "consterné" par l'attribution du prix à Amélie Nothomb. "Ce prix est censé encourager les jeunes auteurs.
C'est un mauvais message adressé aux nouvelles générations dont on dit qu'elles ne lisent pas", a-t-il dit à l'AFP."

Le jury n'a pas pu s'accorder sur un nom. +Viens là que je te tue ma belle+ de Boris Bergmann a été qualifié d'assez remarquable pour un premier livre écrit par un garçon de 15 ans mais ce n'est pas parce que l'auteur a 15 ans que le prix devait lui être donné", a répondu un porte-parole du jury.




lundi 24 septembre 2007

AMELIE NOTHOMB Ni d'Eve Ni d'Adam





Vous rêvez de dépaysement, vous avez marre de ce quotidien fadasse ce livre est pour vous !!!!
Une histoire d'amour plus marrante qu'un harlequin, plus hilarante qu'un soap opéra....

Comme la plupart des gens, on se souvient du fameux livre "Stupeur et tremblements" ou Amelie déjà décrivait sa déchéance professionnelle (de Stagiaire Cadre elle finit dame pipi) raconté avec son humour ravageur qui fait mouche à chaque trait de stylo bic (elle n'écrit qu'avec ça !)

Ce qu'elle nous cachait la petite coquine c'est qu'elle vivait un amour tout aussi désopilant avec Rinri un japonnais qui apparemment valait le détour grâce à ses façons de vivre, d'exister....
Il s'étaient rencontrés lui pour apprendre le français et elle le japonnais....
Dans l'évocation de cet amour , point de sexe (ce qui n'est pas banal au jour d'aujourd'hui !!!) mais des envollées lyriques comme par exemple la monté du Mont Fuji Yama. Avec une sainte terreur quand elle est partie seule, en décembre 1989, à la conquête d’un modeste sommet, le Kumotori Yama, et qu’une tempête de neige l’a surprise dans la descente. L’épisode est superbe. Et d'épisodes cocasses, la fondue savoyarde dont le fromage colle sur les doigts d'Amélie, le quiproco de Rinri avec la méconnaissance des différents sens du mot maitresse, la non demande en mariage qui tourne au désavantage d'Amélie... Je ne vous raconte pas la fin....

Point de scènes macabres dont la miss en avait l'habitude "Il n’est pas banal que j’écrive une histoire où personne n’a envie de massacrer personne »

Je me suis franchement amusée à le lire. Un livre formidable que je conseille à tout le monde.

Je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'elle ait reçu un Prix grâce à son livre ....















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