Yves Viollier "Raymonde"

"Oh Dieu, pourquoi donc en mourant ne nous as-tu pas mués en dieux ! Ma trajectoire quand je m'éfforce de toute mon âme de la maintenir en droit ligne, si je me retourne elle ressemble à ces sillages laissés par les avions, dont le trait un instant précis, peu à peu se dissout, devient flou. Et tout est à refaire, tout s'efface, tout se ternit. Seigneur, donne moi un bout de ton crayon à la pointe si bien taillée, et guide ma main, que je fasse le portrait de ta création, que ce que j'écris te ressemble" Yves Viollier "Raymonde"



"Il va sans dire que la vie n'étant pas une bibliothèque rose elle ne respecte guère ces intentions édifiantes" François Nourissier in "Musée de l'homme"
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vendredi 8 août 2008

DEPECHE AFP

Soljenitsyne: aucun officiel français à Moscou, déplore Villiers
Il y a 1 jour

PARIS (AFP) — Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (souverainiste), a déploré mercredi qu'aucun officiel français n'ait assisté aux obsèques d'Alexandre Soljenitsyne, auxquelles lui-même était présent.

"Beaucoup de Russes étaient très étonnés que le gouvernement français ne soit pas représenté", a déclaré par téléphone à l'AFP le président du Conseil général de Vendée.

Le grand écrivain était venu en 1993 dans ce département français inaugurer un mémorial aux victimes des "colonnes infernales" durant la guerre de Vendée de 1793 à 1796.

A ces obsèques, "nous étions deux élus français, moi-même et le député Dominique Souchet" (même département et même parti), a poursuivi M. de Villiers, en relevant que côté ambassade, il y avait seulement un chargé d'affaires.

"J'ai expliqué à la famille que les hommes politiques français étaient aux Jeux olympiques", a poursuivi l'élu. "No comment..."

Philippe de Villiers est venu à Moscou "rendre un dernier salut à l'ami personnel et au combattant qui restera dans l'histoire comme le plus grand dissident du XXème siècle", celui "qui nous a débarrassés intellectuellement du communiste".

"La Vendée avait accueilli Alexandre Soljenitsyne pendant six jours en septembre 1993. Il avait tenu a faire le voyage spécial pour inaugurer le mémorial" construit aux Lucs-sur-Boulogne, a expliqué M. de Villiers.

"Il y avait affirmé son opposition au principe révolutionnaire de la table rase", a raconté l'ex-candidat à la présidentielle, et "avait dit qu'en Vendée, la Roue rouge, la matrice du totalitarisme avait été identifiée pour la première fois". L'écrivain avait "comparé Robespierre à Lénine" et "la Vendée française aux Vendées russes".

M. de Villiers a encore souligné qu'un collège de son département à Aizenay, avait été baptisé du nom du grand témoin russe mort dimanche.

Ignat Soljenitsyne, son fils musicien, se rendra en Vendée en mars pour un concert à l'Historial des Lucs-sur-Boulogne.
Commentaire de Sab : C'est maintenant que l'on découvre, Cher monsieur De Villiers que Sarkozy préfère "les nuits de Chine Nuits Câline, d'ivresse de tendresse" et que pour lui Soljenitsyne c'est du... Chinois.

lundi 4 août 2008

ISSU DE MAVILLE.COM LA ROCHE


Alexandre Soljenitsyne était venu en Vendée en 1993


Lors de la visite du prix Nobel de littérature Alexandre Soljenitsyne, en 1993. : DR

L'écrivain russe, figure emblématique de la dissidence sous le régime soviétique, est décédé la nuit dernière à Moscou. Il avait 89 ans. Un an avant de rentrer dans son pays en Russie, après la chute de l'Union soviétique, Alexandre Soljenitsyne était venu en Vendée en 1993. Il avait inauguré le mémorial des Lucs-sur-Boulogne, en hommage aux victimes vendéennes de la Terreur révolutionnaire. Il avait alors évoqué les "Vendée russes" et condamné l'idée même de la Révolution, devant plus de 20 000 personnes. Douze ans après, en 2005, le collège Soljenitsyne d'Aizenay a été inauguré en présence du fils de l'écrivain, content de "prolonger ma présence sur votre terre héroïque."

ALEXANDRE SOLJENITSYNE S'EN EST ALLE

" Nulle part, aucun régime n'a jamais aimé ses grands écrivains, seulement les petits. "[ Alexandre Soljenitsyne ]



«Quand on travaille pour des hommes, on en met un coup ; quand c'est pour des cons, on fait semblant.»
[ Alexandre Soljenitsyne ] - Extrait d’ Une journée d'Ivan Denissovitch



Quand j'avais 16 17 ans mes copines de lycée et moi on avait qu'une idole Alexandre Soljenitsyne et on se battait surtout pour "La journée d'Ivan Denissovitc" qui était à nos yeux notre livre culte. Puis on s'est rués sur "l'Archipel du Goulag", "Pavillon des cancéreux"....

Mais ce monsieur avait ouvert non seulement nos yeux sur la littérature russe et ainsi la langue russe. Car pour nous les russes à l'époque depuis nos petits esprits, étaient des extraterrestres avec leurs lettres cyriliques bizaroïdes. On en avait peur de la peur véhiculée par les expressions injustes des grands parents qui disaient "que les russes allaient envahir l'Europe etc...". Nous étions en pleine guerre froide, Reagan, Gorbatchev, Jean Paul II n'avaient pas encore fait tomber ce mur de la honte (chose faite en 1989) . Sans oublier bien sur le fameux accident de la centrale de Tchernobyl le 26 avril 1986 (Pile poil le jour de mon anniversaire) et son petit nuage dérivant...
Certes on a toutes été folles amoureuses à notre époque du splendide Rudolf Noureev, ce corps magnifique, son regard de feu, sa révolte, son intransigeance... Mais grâce à Alexandre on a compris que dans ce pays, il y avait des gens qui souffraient qui étaient emprisonnés dans des conditions abjectes et surtout il nous avait ouvert nos yeux sur ce pays que l'on méconnaissait. Son prix Nobel n'est pas usurpé. Ses combats ont du peser double dans son décompte des ans.
Puis après ce fut la découverte d'autres écrivains comme Pasternak, Tolstoi, Dotoïesvki, Gogol, Pouchkine pour ne citer qu'eux... Pour finir avec la fameuse Perestroïka de Gorbatchev qui m'aura poussée a apprendre le russe en fac de lettres en 1990... Bon il est vrai que Soljenitsyne avait tourné le dos à la perestroïka....
Il a aimé la Vendée et il est venu en 1993, année ou je passais ma licence en tant qu'éxilée vendéenne à Aix en Provence. Il était venu inaugurer le poignant mémorial des Lucs en Boulogne (entre la Roche sur Yon et Nantes) et son fils était venu quelques années plus tard inaugurer le collège Alexandre Soljenitsyne à Aizenay. La Vendée est donc triste de perdre un ami tout comme j'aurais une pensée pour Philippe De Villiers qui doit être bien morose ce matin. Ici il pleut comme on pleure la perte d'un ami...




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